Traitement : Commercialisation sans remboursement d’Aquipta

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Le laboratoire ABBVIE a annoncé la commercialisation du traitement Aquipta dès ce lundi 3 juin 2024. Cependant, il n’est pas remboursé par la sécurité sociale.

Si nous pouvons nous réjouir de l’arrivée d’une nouvelle option thérapeutique pour les patients les plus atteints, nous sommes particulièrement indignés devant cette médecine à 2 vitesses que subissent les malades les plus atteints.

La migraine est pourtant reconnue comme la seconde maladie neurologique invalidante dans le Intersectoral global action plan for epilepsy and others neurological disorders de l’OMS (à lire ou télécharger ici). C’est un fait international.
Et malheureusement, comme nous l’avons démontré et illustré à plusieurs reprises en particulier ces derniers mois : certains patients ont des idées suicidaires, d’autres passent à l’acte.

Depuis 5 ans, nous œuvrons sans relâche. Vous trouverez dans ce dossier, une partie de nos démarches.

La France a du retard dans l’offre thérapeutique. Six ans après leur arrivée en Europe, la France ne rembourse toujours pas au moins un anticorps monoclonal ciblant le CGRP, contrairement aux pays limitrophes tels que la Belgique, la Suisse, l’Allemagne, le Luxembourg et l’Espagne.

Les traitements anti-CGRP commercialisés en pharmacie sur prescription coûtent en moyenne 250 €, ce qui représente à l’année 3 000 €.

• Un coût pour les patients :
Selon l’Insee, en 2020, en équivalent temps plein, 1 salarié sur 2 perçoit moins de 2 012 € net de revenu. 1 sur 10 moins de 1 366 €, avec une disparité homme/femme de 14,8 %.
Le traitement pour un salaire moyen représente 12,4 %.
À titre de comparaison et toujours selon l’Insee, les charges moyennes associées au logement sont de 28,5 %. Les patients qui le peuvent se surendettent, entament d’autres postes budgétaires ou empruntent à la famille.

En juin 2024 en France, les produits AJOVY, EMGALITY, VYDURA, AQUIPTA et SUMATRIPTAN sont commercialisés sans être remboursés.

• Avis de la Haute Autorité de Santé :
Tous disposent d’un Service Médical Rendu important (avis de la Commission de la Transparence).
Malheureusement, faute d’étude contre comparateur, les traitements anti-cgrp et les gépants ont une note d’Amélioration du Service Médical Rendu de 5.
La Commission de la Transparence reconnaît un besoin non couvert.

• Un article de loi non respecté :
Article L1110-1 du CSP – Droit fondamental à la protection de la santé.
« Le droit fondamental à la protection de la santé doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles au bénéfice de toute personne. Les professionnels, les établissements et réseaux de santé, les organismes d’assurance maladie ou tous autres organismes participant à la prévention et aux soins, et les autorités sanitaires contribuent, avec les usagers, à développer la prévention, garantir l’égal accès de chaque personne aux soins nécessités par son état de santé et assurer la continuité des soins et la meilleure sécurité sanitaire possible. »