La migraine de l’enfant et de l’adolescent
La migraine chez l’enfant
Les enfants peuvent souffrir de migraine dès leur plus jeune âge. La migraine est aussi invalidante chez l’enfant que chez l’adulte. Elle nécessite une réelle prise en charge adaptée, aussi bien en termes de traitements que d’accompagnement. Les symptômes de la migraine chez l’enfant sont souvent pris pour des troubles digestifs : vomissements et douleurs abdominales sont fréquents, alors que parfois la céphalée est inexistante. Tant que l’enfant ne peut pas verbaliser ses symptômes, le diagnostic est compliqué.
Ces explications ne prétendent en aucun cas vous aider à poser un diagnostic. Seul un neurologue spécialisé peut poser le diagnostic et mettre en place un traitement adapté.
La prévalence de la migraine chez l’enfant
La migraine est fréquente chez l’enfant et l’adolescent mais reste sous-diagnostiquée. Sa prévalence est estimée entre 5 et 10 %. Elle est plus élevée chez les filles et augmente avec l’âge.
En France, une étude menée en milieu scolaire a estimé la prévalence entre 4,8 % et 8,2 %. À l’échelle mondiale, la prévalence moyenne est de 9 %, atteignant 10,5 % chez les filles et 7,6 % chez les garçons.
Les critères de diagnostic officiels
Les critères diagnostiques de la migraine chez l’enfant sont identiques à ceux de l’adulte. Ils sont définis par l’International Classification of Headache Disorders (ICHD‑3).
Migraine sans aura
- Douleur modérée à sévère, souvent d’un seul côté de la tête, ressentie comme des pulsations.
- Crises durant de 4 heures à 3 jours sans traitement.
- Douleur aggravée par l’effort ou les déplacements.
La migraine est fréquemment associée à des nausées, des vomissements et une hypersensibilité à la lumière et au bruit.
Migraine avec aura
- Troubles visuels (vision floue, taches, éclairs).
- Troubles sensitifs (fourmillements, picotements).
- Troubles du langage.
- Plus rarement, troubles moteurs.
Les caractéristiques spécifiques de la migraine chez l’enfant
La migraine de l’enfant est la même maladie que celle de l’adulte mais présente des particularités : pâleur, yeux cernés, douleurs abdominales, nausées, vomissements, maux de tête bilatéraux, crises plus courtes (2 à 4 heures) et sommeil réparateur.
Évolution : un enfant migraineux ne sera pas forcément migraineux à l’âge adulte.
Une étude de suivi sur 10 ans montre que 41,8 % des enfants ont une migraine persistante, 38,2 % connaissent une rémission et 20 % développent une céphalée tensive.
Des syndromes précurseurs dans l’enfance
Certains syndromes observés dans l’enfance peuvent être précurseurs de migraine à l’âge adulte.
Vertiges paroxystiques bénins
Ils se traduisent par de brèves crises de vertige spontanées, avec impression que la pièce tourne, durant moins d’une minute.
Migraine abdominale
Elle se manifeste par des douleurs abdominales récurrentes, associées à des nausées, des vomissements et une pâleur, durant de 2 à 72 heures, sans maux de tête associés.
Vomissements cycliques
Ils correspondent à des crises répétées de nausées et vomissements intenses, sur des cycles stéréotypés, avec disparition complète des symptômes entre les crises.
Autour de l’enfant
Consulter médicalement
Un enfant migraineux souffre autant qu’un adulte. La consultation du médecin traitant, du pédiatre et parfois du neurologue est indispensable pour poser le diagnostic et instaurer un traitement approprié.
Favoriser son inclusion à l’école
La migraine peut entraîner absentéisme et déscolarisation. Des dispositifs comme le PAI permettent d’adapter scolarité et conditions d’apprentissage.
Quelques outils pour l’aider et l’autonomiser
Parler de la migraine avec l’enfant, utiliser des supports pédagogiques et des outils adaptés peut l’aider à mieux comprendre sa maladie et à s’impliquer dans sa prise en charge.
Participer à la recherche
Des essais cliniques sont en cours chez l’enfant (anti‑CGRP, gépants). La recherche progresse et offre des perspectives encourageantes.
Conclusion
La migraine chez l’enfant est une maladie réelle, fréquente et invalidante. Une prise en charge précoce, globale et bienveillante permet d’améliorer significativement la qualité de vie de l’enfant et de sa famille.
Rédigé par Sabine DEBREMAEKER, présidente de l’association.
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