Une maladie neurologique

En nous appuyant sur des sources fiables, nous essayons de vous donner, avec des mots simples, les explications nécessaires pour comprendre les formes les plus fréquentes de la migraine.
En réalité, il n’y a pas une mais des migraines.

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⚠ Les informations fournies sur ce site ne remplacent en aucun cas celles des neurologues spécialisés. Elles sont destinées à améliorer et non à remplacer la relation directe entre le patient et le professionnel de santé.

« Je ne sais pas pourquoi elle est sous-estimée. La migraine est l’une des plus complexes maladies neurologiques, à tort présentée comme une fausse pathologie féminine. »
Docteur LANTERI-MINET

Lors des consultations, faute de temps, ou impressionné, on oublie de poser des questions ou on n’ose pas dire qu’on a du mal à comprendre.

La migraine appartient à la catégorie des céphalées.

Les céphalées englobent toutes les pathologies dont la principale caractéristique est le mal de tête. Il existe plus de 200 types de céphalées. C’est dire qu’avoir un simple mal de tête ne veut pas systématiquement dire qu’on souffre de migraine. 

La migraine est un mal de tête récurrent se manifestant par des crises d’une durée de 4 à 72 heures. Les caractéristiques typiques de cette céphalée sont une localisation unilatérale, une pulsation de qualité, une intensité modérée ou sévère, une aggravation par une activité physique de routine et une association avec des nausées et/ou une photophobie et une phonophobie.

Il existe plusieurs types et sous-types de migraines.

La migraine ce n’est pas que la crise. 

La plupart des gens, médecins non spécialistes compris, pensent que la migraine ce n’est que le mal de tête qu’ils confondent avec la crise. Ils ont du mal à comprendre que le « Prends un Doliprane et ça ira mieux » ne fonctionne pas pour nous. 

Non, une crise se déroule en plusieurs étapes. Elle commence souvent 24h avant par le prodrome. Pour 1 migraineux sur 5, suit l’aura. Ensuite, vient la céphalée puis le postdrome ou phase de récupération. 

Il arrive que la céphalée ou le mal de tête ne soit pas présent et c’est pourtant une crise de migraine. 

Chronologie de la migraine

Prodrome :

Aura (pour 30 % des patients) :

Céphalée :

Postdrome :

LA MARCHE DE LA MIGRAINE – Une animation signée La Voix des Migraineux

Quelle est la cause de la migraine ? 

Les chercheurs ont fait de gros progrès dans la compréhension de ce qui se passe dans le cerveau et dans le corps lors de la crise de migraine. Néanmoins, il reste encore beaucoup d’éléments qui n’ont pas encore d’explications tout à fait prouvées. Ce qui se passe lors de la migraine vient parfois en contradiction avec ce qui est enseigné aux médecins lors de leur formation (David DODICK). Le positif, c’est que partout dans le monde, des chercheurs s’activent. Il y en a moins que pour d’autres pathologies. Il est donc nécessaire de se mobiliser, de se montrer.

La cause de la migraine est due à une excitabilité anormale du cerveau. Le cerveau réagit excessivement à un stimuli anodin. Il supporte difficilement les changements. Cette réaction anormale déclenche une cascade d’événements qui conduisent à la crise de migraine. Une autre des particularités du cerveau du patient est qu’il a du mal à s’habituer à certains stimuli. Il réagit comme si c’était la première fois. Les mithocondries contenues dans les cellules et chargées de produire de l’énergie sont généralement moins efficaces chez les migraineux.

NE CONFONDONS PAS CAUSE ET DÉCLENCHEURS – Une animation signée La Voix des Migraineux

Illustration par la métaphore du ballon et de la vitre :

Causes et déclencheurs de la migraine

La migraine est-elle génétique ?

La migraine est en partie génétique. On retrouve dans la plupart des cas un ou plusieurs membres de la famille atteints de migraine.  

Les migraineux présentent sur certains gènes des particularités qui les rendent susceptibles d’être migraineux. En mai 2022, on a déjà identifié 123 gènes impliqués dans la migraine. Ces gènes comportent des particularités. Ces particularités modifient le fonctionnement des gènes impliqués dans le fonctionnement et le métabolisme du cerveau ainsi que la sensibilité aux hormones et aux réactions inflammatoires. Certains migraineux n’ont qu’un ou deux gènes de susceptibilités. Les crises sont alors rares et gérables car il y a peu de déclencheurs à éviter et le seuil de déclenchement de la migraine est haut. Pour ceux qui ont de nombreux gènes de susceptibilités, c’est beaucoup plus compliqué. La fréquence des crises contribue aussi à maintenir le seuil de déclenchement très bas. Elle est donc en partie génétique environ 50 % et en partie environnementale environ 50 %.
Retrouvez l’article rédigé par une bénévole de l’association : Hérédité et Karma.

À ce jour, seule la migraine hémiplégique est totalement génétique. Trois gènes ont déjà été identifiés. De nombreuses recherches se poursuivent. 

À RETENIR :
Le cerveau du migraineux est donc différent du cerveau du non-migraineux sur de nombreux points et sans doute d’autres encore inconnus. Mais cela ne suffit pas pour que les crises de migraines surviennent. La maladie migraineuse se développe dans le cadre d’une interaction entre ses particularités et l’environnement.

Quels sont les mécanismes de la migraine ?

migraine
  1. Des facteurs extérieurs, les déclencheurs, stimulent l’hypothalamus.
  2. L’hypothalamus active les nerfs trijumeaux.
  3. Les nerfs trijumeaux libèrent des substances liées à la perception de la douleur qui sont ensuite transportées par les neurones.
  4. Ces substances provoquent l’inflammation et la dilatation des vaisseaux du cerveau.

Comme nous l’avons vu, la migraine est due à une excitabilité anormale du cerveau. Le cerveau réagit excessivement à un stimuli anodin. Il supporte difficilement les changements.
Cette réaction anormale déclenche une cascade d’événements qui conduisent à la crise de migraine.

Les éléments qui entraînent cette cascade d’événements sont appelés des déclencheurs. La luminosité est fréquemment citée.

On a découvert récemment que les déclencheurs ne sont pas toujours impliqués.
Les déclencheurs stimulent l’hypothalamus.
Le système trigéminovasculaire est activé. Il est composé des nerfs trijumeaux. Les nerfs trijumeaux libèrent des substances. Cela provoque la dilatation des vaisseaux du cerveau et une inflammation. La douleur de la migraine suit.
Plusieurs substances « neurotransmetteurs » sont impliquées telle le glutamate qui se retrouve en quantité anormale. Il interfère avec d’autres neurotransmetteurs.

Les scientifiques ne sont pas encore fixés sur l’importance respective de chacun de ces mécanismes dans l’apparition des crises de migraine

Parmi ces substances, il y a le CGRP (Calcitonin Gene Related-Peptide). On a découvert il y a plus de 20 ans qu’il est impliqué dans la douleur de la migraine. Cette découverte a permis au terme de nombreuses années de recherches de créer de nouveaux traitements.

Pour l’aura de la migraine qui concerne 25 à 30 % des patients atteints de migraine, le plus probable est ce que les médecins appellent une DPE (dépression corticale envahissante) ou une onde de dépolarisation. Comme si le courant baissait très lentement et progressivement de la nuque jusqu’au front. La plupart des migraineux avec aura ont surtout des troubles visuels car l’onde s’arrête dans la nuque. Elle a d’ailleurs longtemps été appelée « migraine ophtalmique », dénomination supprimée à cause de la confusion inappropriée avec une maladie de l’œil. Si elle va un peu plus loin, on ressent des troubles sensitifs, puis des troubles du langage et ensuite très rarement des troubles moteurs. Après l’aura, tout revient à la normale.

LA MIGRAINE AVEC AURA – Une animation signée La Voix des Migraineux

Cela peut se constater à l’aide d’une IRM fonctionnelle lors d’auras spontanées. Ce type d’IRM est rare, cher, et la possibilité d’avoir le rendez-vous juste au moment de l’aura est encore plus improbable. Voilà pourquoi cet examen n’est pas proposé.

L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) est une application de l’imagerie par résonance magnétique permettant de visualiser, de manière indirecte, l’activité cérébrale. Il s’agit d’une technique d’imagerie utilisée pour l’étude du fonctionnement du cerveau. Elle consiste à enregistrer des variations hémodynamiques (variation des propriétés du flux sanguin) cérébrales locales minimes, lorsque ces zones sont stimulées (source : Wikipédia).

Ce que la migraine n’est pas :

Qui est atteint ?

1 personne sur 6. La plupart ont des crises peu fréquentes et/ou peu intenses.

Selon les études, 30 % des malades sont très handicapés. L’OMS a classé la migraine parmi les 10 maladies les plus invalidantes.

Est-ce une maladie grave ?

NON, elle n’est pas mortelle.

OUI, elle est invalidante pour 1 malade sur 4 au point parfois de rendre impossible toute activité professionnelle, de compliquer la vie sociale et familiale.

Un sondage La Voix des Migraineux réalisé en mars 2020 a montré que 15 % de migraineux songent régulièrement au suicide, 50 % ont l’impression que la migraine gâche toute leur vie. Seuls 7 % estiment s’occuper correctement de leurs enfants. Ils sont pénalisés dans l’emploi et se retrouvent très souvent dans des situations très précaires.

Rédigé par Sabine DEBREMAEKER.

Sources :
INSERM https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/migraine
INTERNATIONAL HEADACHE SOCIETY https://ihs-headache.org/en/
INTERNATIONAL MIGRAINE FOUNDATION
WORLD MIGRAINE SUMMIT (en particulier, interventions du Docteur David DODICK et Lyz GRIFFITHS) https://migraineworldsummit.com/interview-library/
SFMEC https://www.sfemc.fr/

Mise à jour le 24 juin 2022.