La migraine de l’enfant

Ces explications ne prétendent en aucun cas vous aider à poser un diagnostic. Seul un neurologue de préférence spécialisé en migraine peut, en s’appuyant sur les critères internationaux, vos antécédents familiaux et son expérience, poser le diagnostic et mettre en place un traitement. N’hésitez pas à poser des questions. Tout mal de tête, inhabituel, difficile à supporter ou qui se répète nécessite un avis médical.

Dernière mise à jour : mai 2021

RECONNAITRE LA MIGRAINE CHEZ L’ENFANT

Les enfants peuvent souffrir de migraine dès leur plus jeune âge. La migraine est aussi invalidante chez l’enfant que chez l’adulte. Elle nécessite une réelle prise en charge adaptée aussi bien en termes de traitements que d’accompagnement. Les symptômes de la migraine chez l’enfant sont souvent pris pour des troubles digestifs car des vomissements et/ou des douleurs abdominales sont fréquents alors que parfois les symptômes typiques de la céphalée sont invisibles. Tant que l’enfant ne peut pas verbaliser ses symptômes, le diagnostic est parfois compliqué.

LES CRITÈRES DE DIAGNOSTICS OFFICIELS

Les critères de diagnostics officiels de la migraine chez l’enfant sont les mêmes que chez l’adulte :

MIGRAINE SANS AURA

– Une douleur moyenne ou difficilement supportable.
– La douleur dans la majorité des cas se situe d’un seul côté de la tête, le patient peut ressentir le plus souvent des pulsations comme des battements de cœur.
– Une crise qui dure de 4h minimum à 3 jours si on ne prend pas de traitement (parfois plus).
– Cette douleur devient plus forte si on fait un effort ou si on se déplace.

La migraine est aussi associée à d’autres phénomènes :
– Des troubles digestifs, des nausées ou des vomissements.
– Une sensibilité plus forte au bruit « phonophobie », à la lumière « photophobie » les rendant bien souvent insupportables.

MIGRAINE AVEC AURA

– Les critères diagnostics de la migraine sans aura
– Des troubles visuels : voir flou, voir des taches ou des éclairs, avoir du mal à voir sur les côtés. Ce sont les troubles que l’on rencontre le plus souvent.
– Des troubles sensitifs des picotements, des fourmillements, des sensations bizarres.
– Des troubles du langage : avoir du mal à trouver ses mots, à les prononcer correctement, rarement se retrouver incapable de parler pendant quelques minutes.
– Des troubles moteurs : très rarement, pour des formes de migraine très rares, on peut ressentir une faiblesse, un
engourdissement important d’un côté du corps jusqu’à aller parfois à une paralysie.

SYNDROMES ET CARACTÉRISTIQUES SPÉCIFIQUES

La migraine de l’enfant présentent des syndromes et caractéristiques spécifiques :

– vertiges paroxystiques bénins : impression que la pièce tourne, le vertige dure moins d’une minute.
– migraine abdominale : la douleur se situe dans le ventre. Elle peut être modérée à intense, accompagnée de nausées, avec ou sans vomissements et d’une pâleur.
– vomissements cycliques : vomissements répétés accompagnés d’intenses nausées sur des cycles de 4 à 5 jours.

– durée de la crise plus courte
– mal de tête des deux côtés
– coliques du nourrisson : c’est une hypothèse.

Les enfants peuvent être atteints de migraines plus rares (hémiplégiques ou vestibulaire – voir notre page Comprendre la migraine / Types de migraines).

De la petite enfance à la puberté, on trouve autant de filles que de garçons atteints de migraine. A la puberté, à partir des premiers cycles menstruels, la fréquence des migraines devient plus importante chez les fille.

Un enfant atteint de migraine souffre autant qu’un adulte. Une consultation auprès d’un neurologue s’impose dès lors que les crises sont fréquentes. Il confirmera, le cas échéant, le diagnostic. Il prescrira les traitements de crise et de fond, si nécessaire. Un traitement de fond peut être mis en place très tôt, si la fréquence et l’intensité des crises a un fort retentissement sur la qualité de vie de l’enfant.

Votre soutien bienveillant permettra à votre enfant de vivre mieux avec la migraine.

La recherche avance vite, gardons espoir pour eux.

Sources :

Migraine Variants in Children

International Headache Society

Société Française d’Etudes des Migraines et Céphalées

MON ENFANT EST DIAGNOSTIQUÉ MIGRAINEUX :

QUE PUIS-JE FAIRE ?

La migraine, maladie neurologique, est souvent diagnostiquée vers l’âge de 6 ans, car c’est à cet âge que l’enfant commence à s’exprimer avec des moyens compris par les adultes. C’est aussi à cet âge que vous pouvez lui apprendre à appréhender ses migraines, à gérer la douleur et les crises et surtout le rassurer. Mieux il sera préparé, plus il saura faire face à ses migraines, et moins elles impacteront sa vie d’enfant.

J’AIDE MON ENFANT À GÉRER SA MIGRAINE 

EN L’IMPLIQUANT

MONTREZ-LUI QUE VOUS LUI FAITES CONFIANCE ET ACCOMPAGNEZ-LE DANS SA RÉFLEXION

Mettez-vous toujours à la place de votre enfant, adoptez son point de vue pour comprendre ses attentes. Écoutez-le, laissez-le parler avec ses mots, son ressenti. Soyez attentif et respectez le temps dont il a besoin pour s’exprimer. Il doit ressentir votre respect pour que l’échange s’installe. Pour qu’une vraie relation de confiance s’instaure dans ces moments de crise, placez-vous d’égal à égal avec votre enfant.

Il est primordial que l’enfant s’exprime avec ses propres mots. Votre rôle est de l’aider à réfléchir, à avancer dans sa réflexion. Pour cela, il faut l’inciter à parler, l’encourager pour favoriser l’échange.

COMMENT FAIRE CONCRÈTEMENT ?

Vous pouvez lui proposer des outils. Votre enfant aime dessiner ? Très bien ! Il peut dessiner ce qu’il ressent. Couleur, forme, toute trace d’expression est révélatrice d’informations. Il s’agit là de représentation mentale. L’important est de lui donner les moyens de vous faire comprendre son ressenti à partir de ce qu’il sait, lui.

Vous pouvez, en revanche, reformuler pour vous assurer d’avoir bien compris, et pour le lui montrer. « Si j’ai bien compris, tu veux dire que… ». Vous êtes alors certain d’avoir capté son message, et lui sait que vous l’avez entendu.

À VOTRE TOUR DE LUI APPORTER DES INFORMATIONS

À partir du moment où il a réussi à s’exprimer et à se faire comprendre, il a besoin d’un retour d’information. Il est temps de lui donner des réponses à ses questions, à ses doutes, de le rassurer face à ses peurs.

Vous pouvez lui expliquer de manière simple que son cerveau est différent, qu’il est plus sensible aux bruits, à la lumière, etc. Certaines situations, banales pour ses copains, peuvent être compliquées pour lui. En effet, on peut décrire le cerveau d’un migraineux comme hypersensible.

Il doit, dès lors, savoir qu’il existe des solutions pour l’aider. De même, il doit comprendre que, dans sa vie, il y aura des périodes plus simples que d’autres.

Il est primordial de le déculpabiliser. Il doit comprendre qu’il n’est pas fautif, mais qu’il peut agir pour avoir moins mal, et moins souvent. S’il n’est pas à l’origine de la migraine, il peut néanmoins agir pour l’atténuer. Tout cela, bien entendu, avec des mots simples adaptés à son langage.

JE L’AIDE À APPRENDRE À GÉRER SA MIGRAINE

MAINTENANT QU’IL A COMPRIS POURQUOI IL A MAL, DONNEZ-LUI LES MOYENS DE S’IMPLIQUER

Aidez-le à mener des actions concrètes pour comprendre ce qui peut déclencher sa douleur, et pour ne pas subir. Impliquez-le pour qu’il comprenne qu’il peut ne pas attendre la crise.

Même petit, il peut participer à l’élaboration d’un agenda des migraines. Il peut noter, pour chaque crise :

➢    le jour de la semaine

➢    la météo (il dessine un nuage, un soleil, la pluie)

➢    son humeur (il peut dessiner un sourire, une larme…)

➢    s’il a eu soif ou faim

➢    s’il s’est senti fatigué

➢    s’il a pu continuer à jouer et à poursuivre ses activités

Il doit ainsi comprendre qu’il peut sentir la crise venir, et diminuer son intensité.

Profitez de cet agenda pour lui faire comprendre que la prise de médicaments est une chose importante, et qu’il doit demander à un adulte pour pouvoir en prendre.

PRIVILÉGIEZ UNE HYGIÈNE DE VIE ADAPTÉE, MAIS DE MANIÈRE NATURELLE

Certains facteurs déclenchants sont connus et plutôt universels, comme la caféine présente dans de nombreux sodas, le manque d’hydratation, l’abus de sucre, ou à contrario, être en hypoglycémie. Vous pouvez faire en sorte de lui éviter ces situations, mais tout en gardant à l’esprit qu’il doit mener une vie normale. Vouloir tout maîtriser peut vous entraîner dans un cercle vicieux anxiogène, à l’affût constant des choses à éviter. La recherche d’une hygiène de vie adaptée ne doit pas, non plus, tourner à l’obsession.

Rappelez-vous bien que rien n’est interdit à un enfant migraineux, le danger vient du « trop » ou du « cumul ».

De même, vous devez accepter que vous ne pourrez jamais tout éviter.

JE NE SUIS PAS SEUL(E) POUR AIDER MON ENFANT

À GÉRER SA MIGRAINE

LE CORPS ENSEIGNANT A UN RÔLE À JOUER

Pour lutter contre l’absentéisme scolaire répété, voire l’échec, le médecin scolaire, l’instituteur(trice) doivent aussi être impliqués dans le quotidien d’un enfant migraineux. Pour cela, vous pouvez demander à mettre en place un PAI, Projet d’Accueil Individualisé. Cela aidera le personnel enseignant à comprendre et prendre en considération les besoins spécifiques de l’enfant.

Communiquer sur les signes d’alerte, tels que la pâleur de l’enfant, les yeux noirs et creusés, une fatigue soudaine, etc. Ils doivent aussi comprendre que si l’enfant se plaint, il ne simule pas, mais au contraire il a besoin d’un soutien immédiat. En effet, il doit pouvoir boire, manger, se reposer selon le besoin qu’il ressent. Pour cela, des affichettes peuvent vous aider. L’idée est de faire comprendre que plus tôt l’enfant est pris en charge, plus vite la crise a de chance de passer.

Une fois ce PAI défini, il n’est pas inutile de repasser le message régulièrement pendant l’année scolaire.

L’ENTOURAGE PROCHE DOIT AUSSI AVOIR LES BONS RÉFLEXES

De même, l’entourage proche de l’enfant (famille, amis) chez qui il est susceptible de rester seul doit avoir les mêmes informations pour avoir les mêmes réflexes.

SI BESOIN, JE PEUX AUSSI AVOIR RECOURS À DES PRATIQUES AIDANTES

Si vous sentez que votre enfant est anxieux, vous pouvez vous faire aider en faisant appel à d’autres notions, dont voici quelques exemples.

➢    La cohérence cardiaque lui apprendra à travailler sur sa respiration.

➢    Remplir, le soir, un carnet de gratitude lui permet de s’endormir en pensant aux petits bonheurs quotidiens. Ainsi, petit à petit, il développe une pensée et une attitude positives. Pour les ado, des applications mobiles existent aussi.

➢    Certaines thérapies comportementales ou cognitives peuvent l’accompagner dans la gestion de la douleur, ou de la migraine en général.

DERNIERS CONSEILS

GARDEZ EN TÊTE QUE VOTRE ENFANT RESTE UN ENFANT

Soyez aussi indulgents avec vous-mêmes. En tant que parents, votre rôle est pédagogique, vis-à-vis de votre enfant, mais aussi de son entourage. Vous êtes une aide précieuse, mais ne pouvez pas être une solution à vous tout seul.

Grâce à l’aide que vous lui apporterez, votre enfant apprendra à gérer la migraine. Ainsi, elle ne prendra pas le pas sur sa vie d’enfant. Vous êtes là pour le rassurer, l’accompagner en respectant cette magnifique étape qu’est l’enfance.

ET N’OUBLIEZ PAS QUE NOUS SOMMES LÀ POUR VOUS !

Pour plus d’informations, de soutien, n’hésitez pas à contacter La Voix des Migraineux via le formulaire de contact de notre site ou sur notre page Facebook.

Nous proposons également des groupes de parole en visio. Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour connaître les dates.

Article écrit par Christelle Lorant.


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