Enfant, migraine et école

Ces explications ne prétendent en aucun cas vous aider à poser un diagnostic. Seul un neurologue de préférence spécialisé en migraine peut, en s’appuyant sur les critères internationaux, vos antécédents familiaux et son expérience, poser le diagnostic et mettre en place un traitement. N’hésitez pas à poser des questions. Tout mal de tête, inhabituel, difficile à supporter ou qui se répète nécessite un avis médical.

ACCUEIL DES ÉLÈVES MIGRAINEUX 

EN ÉCOLES, COLLÈGES ET LYCÉES

PAI et PAP

Pour accompagner au mieux nos enfants migraineux dans leur scolarité, il est conseillé d’avoir des relations étroites avec l’Education Nationale. 

Dès que le diagnostic est posé, le médecin fait un courrier, accompagné d’une ordonnance, afin de mettre en place un protocole de soins au sein de l’établissement scolaire. 

A partir de ce moment, on entre dans les dispositifs cadrés mis en place par l’Education Nationale pour accompagner l’élève malade au mieux, durant sa scolarité.

LE PROJET D’ACCUEIL PERSONNALISÉ : PAP

Le PAP concerne les élèves présentant des difficultés scolaires durables en raison d’un trouble des apprentissages.

OU

LE PROJET D’ACCUEIL INDIVIDUALISÉ : PAI

Le PAI concerne les élèves atteints de troubles de la santé (maladie chronique, allergie, intolérances alimentaires…).

Ces deux projets formalisés et annuels peuvent aider à l’intégration des élèves migraineux sur le temps scolaire et en dehors du temps scolaire (pause méridienne, récréations, self scolaire, internat le cas échéant, CDI, salles de permanence…).

Ils sont annualisés et sont reconduits d’une année sur l’autre, jusqu’en BTS s’il le faut. Les renouvellements sont plus simples à mettre en place.

Le PAP, ou le PAI, est à demander par les parents du mineur au chef d’établissement en début de chaque année scolaire. Il doit être étayé de justificatifs médicaux récents. Il est signé par le médecin scolaire de la circonscription de l’établissement. Les médecins scolaires sont attachés au Centre Médico Social (CMS) de secteur, et non directement aux EPLE. Les médecins scolaires sont surchargés de travail et interviennent sporadiquement dans de très nombreuses écoles, collèges et lycées sur un secteur géographique très large.

Avant la rédaction du PAI ou PAP, la famille est invitée au sein de l’EPLE à une réunion de l’Équipe de Suivi de Scolarisation (ESS), au cours de laquelle elle rencontre le chef d’établissement ou son adjoint, le Conseiller Principal d’Education (CPE) de la classe, l’infirmière scolaire et le professeur principal.

Avant la réunion d’ESS, il est conseillé aux familles de bien réfléchir aux besoins et aux attentes de l’enfant en classe, et en dehors de la classe, en terme éducatif, de rythme de travail, de supports pédagogiques : qu’attend-on des enseignants en classe ? Que demander pour le temps des devoirs sur table ? Durant les examens ?…

Un entretien préalable avec son enfant et l’enseignant peut permettre de mieux cerner les difficultés. Les dispositifs sont inutiles si l’enfant n’y adhère pas. Il est indispensable de l’impliquer dans la réflexion sur ces besoins et sur les solutions à mettre en place. 

Le PAP, ou le PAI, est ensuite diffusé à tous les enseignants de la classe.

PAI et PAP

Pour les élèves migraineux, il est souvent judicieux, par exemple, que le PAI mentionne clairement des consignes ou des préconisations telles que :

–      Le placement de l’élève en classe : devant de préférence ? Face au tableau ? À côté d’élèves calmes ? Sur une table seul ? A côté d’un camarade de confiance de son choix…

–      La sortie de classe accompagnée d’un autre élève, autant que de besoin, en cas de crise et/ou de grande fatigue : pour rejoindre l’infirmerie ou un endroit calme tel que le Centre de Documentation et d’Informations (CDI), foyer des élèves, salle de permanence…

–      L’autorisation de s’hydrater en classe : utilisation de petites bouteilles d’eau, gourdes…

–      L’autorisation de passer le temps des récréations ou de la pause méridienne dans un endroit calme identifié et surveillé

–      La conduite à tenir en cas de grosse crise : appel à la famille, appel du 15, administration d’un médicament (lequel ? )…

–      La mise à disposition à l’infirmerie et/ou à la vie scolaire du traitement de l’élève : joindre la prescription médicale en début d’année

–      La récupération des devoirs sur table (les fameuses interros) en cas d’absence

–      La mise en place d’un Emploi Du Temps (EDT) personnalisé pour les cas les plus graves (EDT allégé par demi-journée par exemple)

–     etc

Pour les demi-pensionnaires :

–      La mise en place de menus adaptés à la restauration scolaire ?

–      Le passage prioritaire au restaurant scolaire pour éviter la cohue et les temps d’attente parfois très longs

–      etc

Pour les cas les plus graves :

–      L’octroi de l’aide d’un Accompagnant des Elèves en Situation de Handicap (AESH) à temps partiel, ou à temps plein, en classe (rare pour les élèves migraineux). Les AESH peuvent être partagés entre plusieurs élèves et parfois, entre plusieurs élèves d’une classe différente.

–      La dispense d’EPS (Education Physique et Sportive) à l’année en cas de contre-indication.

Tout peut être demandé et évoqué par les parents lors de la réunion ESS. 

L’EPLE y répondra en fonction de ses contraintes et en fonction de l’avis du médecin scolaire.

Le PAI peut aussi prévoir pour les examens officiels, et aussi pour les examens blancs durant l’année scolaire (brevet des collèges, bac, BTS…) l’aide :

–      d’un lecteur

–      d’un scripteur

–      d’un lecteur/scripteur

–      d’un tiers temps supplémentaire pour allonger les épreuves 

–      d’un sujet dont le corps du texte a été agrandi en police 14 ou 16, en cas de migraine avec aura ?

–      etc

A noter que bénéficier d’un tiers temps supplémentaire aux examens est rassurant pour les élèves. Dans les faits, peu d’élèves utilisent le temps additionnel dans sa totalité. Mais l’examen se révèle moins anxiogène par l’élève qui sait qu’il a une « réserve » de temps, surtout en cas de crise. Il peut s’accorder des pauses.

NB : Un PAI ou un PAP a le mérite d’exister mais :

Il ne sera constructif que si l’enfant est impliqué et motivé.

Son autonomie doit être recherchée. Apprendre à vivre avec ses limites est aussi éducatif et lui servira toute sa vie.

Il n’est pas que “malade”. Il ne faut pas qu’il soit stigmatisé en tant qu’élève avec un statut particulier. Il doit rester avant tout un enfant.

Les enseignants (parfois plus de 10 en lycée pour un même élève) l’appliquent différemment selon leur sensibilité. Il est souvent utile de le leur rappeler au cours de l’année, avant les conseils de classe trimestriels par exemple. 

Ce rappel des préconisations aux enseignants, peut passer par le CPE ou l’infirmière scolaire, qui sauront ré-interpeller leurs collègues avec tact.

D’AUTRES FORMES DE SCOLARISATION POSSIBLES

PAI et PAP

Si le PAI, ou le PAP, se révèlent insuffisants, l’élève peut bénéficier d’une autre forme de scolarisation ponctuelle :

–     Avec le CNED : Centre National d’Education à Distance, organe de l’Education Nationale. Des enseignants certifiés délivrent des cours par correspondance de la primaire au BTS. Les cours sont gratuits jusqu’à 16 ans.

–     Avec le SAPAD : Service d’Assistance Pédagogique à Domicile, dispositif départemental de l’Éducation nationale destiné à fournir aux enfants et adolescents atteints de troubles de la santé, ou accidentés, une prise en charge pédagogique à domicile. Il s’agit ainsi d’assurer la continuité de leur scolarité. Gratuit pour les familles. La demande de la mise en place d’un SAPAD est à déposer auprès du chef d’établissement, qui transfère là aussi, au médecin scolaire de secteur. C’est une procédure un peu complexe, car rare, à mettre en place. Dans les faits, il est proposé à aux enseignants volontaires de la classe ou de l’établissement de l’élève, d’intervenir (l’enseignant est payé en heures supplémentaires) au domicile du jeune. Souvent, il manque de professeurs volontaires et les domiciles familiaux les plus éloignés des centre-villes ne trouvent pas preneur. Il s’agit d’un soutien scolaire de quelques heures, dans quelques matières, mais en aucun cas, l’Emploi Du Temps complet et initial de l’élève n’est couvert.

CONSEILS EMPIRIQUES AUX PARENTS

Demander à rencontrer en début de chaque année le CPE (et l’infirmier scolaire) de l’établissement. Attention, il y a parfois un turn-over important de ces personnels chaque année dans les EPLE. Les CPE et les infirmiers scolaires sont sur le terrain, au plus près des élèves et des professeurs. Les CPE participent aussi aux conseils de classe trimestriels. Ils ont une mission éducative, mais aussi pédagogique.

NB : dans les lycées de taille importante, les CPE, parfois 4 en place, se partagent les classes. Identifiez (nom et coordonnées) le CPE référant de la classe de votre enfant. Il sera en relation directe avec le professeur principal de la classe et ses autres enseignants, tout au long de l’année. Et contrairement aux enseignants, il est joignable par téléphone chaque jour, en journée continue. Il est possible aussi de communiquer avec lui via sa messagerie académique personnelle, ou via les logiciels éducatifs de l’établissement (ex : PRONOTE, Ecole directe…).

Dans le courant de l’année, et surtout avant les conseils de classe, recontactez le CPE pour faire le point avec lui sur le trimestre écoulé. C’est important de garder contact. Un CPE gère souvent seul près de 500 élèves différents…  Le CPE pourra ainsi témoigner du cas particulier de votre enfant à chaque conseil de classe et/ou en reparler avec les enseignants en amont. Vous pouvez par exemple, suggérer au CPE qu’il redistribue en cours d’année comme rappel, à chacun des enseignants la copie du PAI distribué en début d’année. Un professeur enseigne en moyenne dans 5 classes différentes en moyenne, parfois plus. Il reçoit en début d’année une quinzaine de PAI et autres PAP. Il ne peut pas tous se les rappeler dans le détail. Pensez aussi à informer les professeurs remplaçants ponctuels.

L’élève gardera toujours sur lui, dans son agenda ou son carnet de correspondance, la photocopie du PAI, ou du PAP, pour pouvoir le présenter chaque fois que nécessaire.

L’élève migraineux pensera à présenter son PAP/PAI aussi lors des examens blancs (brevet des collèges, épreuves anticipées du bac, bac…) durant lesquels ce ne sont pas les enseignants habituels de sa classe qui surveillent l’épreuve. Ils ne connaissant pas les élèves à encadrer durant l’examen. L’élève pourrait avoir ainsi besoin de sortir de la salle rapidement ou de prendre un médicament sans avoir à trop négocier et à se justifier.

PAI et PAP

LA GESTION DES ABSENCES

Elle incombe au CPE et à ses AED (assistant d’éducation) qui gèrent le service vie scolaire et vous répondent au téléphone lorsque vous signalez ou régularisez une absence de votre enfant. Rappelez que cette absence, non couverte par un certificat médical car ponctuelle, est liée au PAI. Elle sera ainsi justifiée et régularisée, comptabilisée comme « légitime » sur les relevés trimestriels d’absences joints aux bulletins. Ce décompte est important, notamment en classe de Terminale car il apparaît aussi sur PARCOURS SUP’ (orientation post bac). Dans tous les cas, le manque d’assiduité ne devra en aucun cas être reproché à l’élève. Là aussi, il faut communiquer régulièrement avec le service vie scolaire et vérifier la justification des absences pour raison de santé.

INTERNAT

Prévoir de rencontrer (ou de téléphoner) avant la rentrée scolaire aux CPE en charge de l’internat et aux surveillants de dortoirs pour exposer le cas de votre enfant. Son état de santé peut être justifié que lui soit attribuée de manière prioritaire une chambre calme (en fonction de la situation géographique, de la proximité des couloirs, des espaces communs, des ascenseurs…), occupée par des camarades sélectionnés par ses soins ou au minima, par des élèves calmes et studieux, dans la mesure du possible.

Le CPE affecté à l’internat n’est pas toujours celui d’externat. Et il peut changer chaque soir. Les PAP et autres PAI, surtout à teneur pédagogique, sont moins souvent communiqués aux personnels encadrant de l’internat.

LES COURS D’EPS

Votre enfant migraineux peut être dispensé d’EPS ponctuellement ou à l’année. Depuis peu, les élèves dispensés ponctuellement par leurs parents ou même par leur médecin traitant, doivent assister aux cours d’EPS malgré tout (nouvelle législation nationale en cours). Ils observent, assurent de petites fonctions d’arbitrage, de mise en place ou de rangement au côté du professeur d’EPS. Bien expliquer au professeur d’EPS les contraintes de votre enfant migraineux pendant et après l’effort. Au cours de l’année, le professeur propose des sessions d’activités différentes (endurance, step, tennis de table, sport collectif, piscine…). Envisagez chaque activité selon ses exigences pour déterminer, ou non, la dispense.

NB : Le nouveau BAC attribue désormais le coefficient 5 à l’EPS. Ce n’est pas négligeable, car dans les faits, ce sont souvent des points gagnés facilement par les élèves pour l’examen. A titre d’exemple, les épreuves de langues vivantes, et d’histoire géographie, sont elles aussi coefficientées par 5.

 Karin SPACK

 CPE Académie Nancy-Metz

Glossaire

EPLE : Etablissement Public Local d’Enseignement

PAP : Projet d’Accompagnement Personnalisé

PAI : Projet d’Accueil Individualisé

CMS : Centre Médico Social 

ESS : Equipe de Suivi de Scolarisation

CPE : Conseiller-ère Principal d’Education 

CDI : Centre de Documentation et d’Information

AED : Assistant d’Education

AESH : Accompagnant des Elèves en Situation de Handicap

CNED : Centre National d’Education à Distance

SAPAD : Service d’Assistance Pédagogique à Domicile

EDT :  Emploi Du Temps

EPS : Enseignement Physique et Sportive

Texte officiel

Bulletin officiel N° 34 du 18 septembre 2003 – MENE0300417C

Lien utile

https://www.aefe.fr/scolarite/ecole-inclusive/amenagements-pedagogiques-pai-ppre-pap-pps#rub0