Aider mon enfant migraineux

Ces explications ne prétendent en aucun cas vous aider à poser un diagnostic. Seul un neurologue de préférence spécialisé en migraine peut, en s’appuyant sur les critères internationaux, vos antécédents familiaux et son expérience, poser le diagnostic et mettre en place un traitement. N’hésitez pas à poser des questions. Tout mal de tête, inhabituel, difficile à supporter ou qui se répète nécessite un avis médical.

MON ENFANT EST DIAGNOSTIQUÉ MIGRAINEUX :

QUE PUIS-JE FAIRE ?

La migraine, maladie neurologique, est souvent diagnostiquée vers l’âge de 6 ans car c’est à cet âge que l’enfant commence à s’exprimer avec des moyens compris par les adultes. C’est aussi à cet âge que vous pouvez lui apprendre à appréhender ses migraines, à gérer la douleur et les crises et surtout le rassurer. Mieux il sera préparé, plus il saura faire face à ses migraines, et moins elles impacteront sa vie d’enfant.

J’AIDE MON ENFANT À GÉRER SA MIGRAINE

EN L’IMPLIQUANT

petite fille au soleil
MONTREZ-LUI QUE VOUS LUI FAITES CONFIANCE ET ACCOMPAGNEZ-LE DANS SA RÉFLEXION

Mettez-vous toujours à la place de votre enfant, adoptez son point de vue pour comprendre ses attentes. Écoutez-le, laissez-le parler avec ses mots, son ressenti. Soyez attentif et respectez le temps dont il a besoin pour s’exprimer. Il doit ressentir votre respect pour que l’échange s’installe. Pour qu’une vraie relation de confiance s’instaure dans ces moments de crise, placez-vous d’égal à égal avec votre enfant.

Il est primordial que l’enfant s’exprime avec ses propres mots. Votre rôle est de l’aider à réfléchir, à avancer dans sa réflexion. Pour cela, il faut l’inciter à parler, l’encourager pour favoriser l’échange.

COMMENT FAIRE CONCRÈTEMENT ?

Vous pouvez lui proposer des outils. Votre enfant aime dessiner ? Très bien ! Il peut dessiner ce qu’il ressent. Couleur, forme, toute trace d’expression est révélatrice d’informations. Il s’agit là de représentation mentale. L’important est de lui donner les moyens de vous faire comprendre son ressenti à partir de ce qu’il sait, lui.

Vous pouvez, en revanche, reformuler pour vous assurer d’avoir bien compris, et pour le lui montrer. « Si j’ai bien compris, tu veux dire que… ». Vous êtes alors certain d’avoir capté son message, et lui sait que vous l’avez entendu.

À VOTRE TOUR DE LUI APPORTER DES INFORMATIONS

À partir du moment où il a réussi à s’exprimer et à se faire comprendre, il a besoin d’un retour d’information. Il est temps de lui donner des réponses à ses questions, à ses doutes, de le rassurer face à ses peurs.

Vous pouvez lui expliquer de manière simple que son cerveau est différent, qu’il est plus sensible aux bruits, à la lumière, etc. Certaines situations, banales pour ses copains, peuvent être compliquées pour lui. En effet, on peut décrire le cerveau d’un migraineux comme hypersensible.

Il doit, dès lors, savoir qu’il existe des solutions pour l’aider. De même il doit comprendre que, dans sa vie, il y aura des périodes plus simples que d’autres.

Il est primordial de le déculpabiliser. Il doit comprendre qu’il n’est pas fautif mais qu’il peut agir pour avoir moins mal et moins souvent. S’il n’est pas à l’origine de la migraine, il peut néanmoins agir pour l’atténuer. Tout cela, bien entendu, avec des mots simples adaptés à son langage.

JE L’AIDE À APPRENDRE À GÉRER SA MIGRAINE

MAINTENANT QU’IL A COMPRIS POURQUOI IL A MAL, DONNEZ-LUI LES MOYENS DE S’IMPLIQUER

Aidez-le à mener des actions concrètes pour comprendre ce qui peut déclencher sa douleur, et pour ne pas subir. Impliquez-le pour qu’il comprenne qu’il peut ne pas attendre la crise.

Même petit, il peut participer à l’élaboration d’un agenda des migraines. Il peut noter, pour chaque crise :

➢    le jour de la semaine

➢    la météo (il dessine un nuage, un soleil, la pluie)

➢    son humeur (il peut dessiner un sourire, une larme…)

➢    s’il a eu soif ou faim

➢    s’il s’est senti fatigué

➢    s’il a pu continuer à jouer et à poursuivre ses activités

Il doit ainsi comprendre qu’il peut sentir la crise venir et diminuer son intensité.

Profitez de cet agenda pour lui faire comprendre que la prise de médicaments est une chose importante et qu’il doit demander à un adulte pour pouvoir en prendre.

PRIVILÉGIEZ UNE HYGIÈNE DE VIE ADAPTÉE, MAIS DE MANIÈRE NATURELLE

Certains facteurs déclenchants sont connus et plutôt universels, comme la caféine présente dans de nombreux sodas, le manque d’hydratation, l’abus de sucre, ou a contrario être en hypoglycémie. Vous pouvez faire en sorte de lui éviter ces situations, mais tout en gardant à l’esprit qu’il doit mener une vie normale. Vouloir tout maîtriser peut vous entraîner dans un cercle vicieux anxiogène, à l’affût constant des choses à éviter. La recherche d’une hygiène de vie adaptée ne doit pas, non plus, tourner à l’obsession.

Rappelez-vous bien que rien n’est interdit à un enfant migraineux, le danger vient du « trop » ou du « cumul ».

De même, vous devez accepter que vous ne pourrez jamais tout éviter.

JE NE SUIS PAS SEUL·E POUR AIDER MON ENFANT

À GÉRER SA MIGRAINE

LE CORPS ENSEIGNANT A UN RÔLE À JOUER

Pour lutter contre l’absentéisme scolaire répété, voire l’échec, le médecin scolaire, l’instituteur(trice) doivent aussi être impliqués dans le quotidien d’un enfant migraineux. Pour cela, vous pouvez demander à mettre en place un PAI, Projet d’Accueil Individualisé. Cela aidera le personnel enseignant à comprendre et prendre en considération les besoins spécifiques de l’enfant.

Communiquer sur les signes d’alerte, tels que la pâleur de l’enfant, les yeux noirs et creusés, une fatigue soudaine, etc. Ils doivent aussi comprendre que si l’enfant se plaint, il ne simule pas, mais au contraire il a besoin d’un soutien immédiat. En effet, il doit pouvoir boire, manger, se reposer selon le besoin qu’il ressent. Pour cela, des affichettes peuvent vous aider. L’idée est de faire comprendre que plus tôt l’enfant est pris en charge, plus vite la crise a de chance de passer.

Une fois ce PAI défini, il n’est pas inutile de repasser le message régulièrement pendant l’année scolaire.

L’ENTOURAGE PROCHE DOIT AUSSI AVOIR LES BONS RÉFLEXES

De même, l’entourage proche de l’enfant (famille, amis) chez qui il est susceptible de rester seul doit avoir les mêmes informations pour avoir les mêmes réflexes.

SI BESOIN, JE PEUX AUSSI AVOIR RECOURS À DES PRATIQUES AIDANTES

Si vous sentez que votre enfant est anxieux, vous pouvez vous faire aider en faisant appel à d’autres notions, dont voici quelques exemples.

➢    La cohérence cardiaque lui apprendra à travailler sur sa respiration.

➢    Remplir le soir un carnet de gratitude lui permet de s’endormir en pensant aux petits bonheurs quotidiens. Ainsi, petit à petit, il développe une pensée et une attitude positives. Pour les ado, des applications mobiles existent aussi.

➢    Certaines thérapies comportementales ou cognitives peuvent l’accompagner dans la gestion de la douleur, ou de la migraine en général.

DERNIERS CONSEILS

GARDEZ EN TÊTE QUE VOTRE ENFANT RESTE UN ENFANT

Soyez aussi indulgents avec vous-mêmes. En tant que parents, votre rôle est pédagogique, vis-à-vis de votre enfant, mais aussi de son entourage. Vous êtes une aide précieuse, mais ne pouvez pas être une solution à vous tout seul.

Grâce à l’aide que vous lui apporterez, votre enfant apprendra à gérer la migraine. Ainsi, elle ne prendra pas le pas sur sa vie d’enfant. Vous êtes là pour le rassurer, l’accompagner en respectant cette magnifique étape qu’est l’enfance.

ET N’OUBLIEZ PAS QUE NOUS SOMMES LÀ POUR VOUS !

Pour plus d’informations, de soutien, n’hésitez pas à contacter La Voix des Migraineux via le formulaire de contact de notre site ou sur notre page Facebook.

Nous proposons également des groupes de parole en visio. Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour connaître les dates.

Article écrit par Christelle Lorant.


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