Les traitements de crise
La crise dans la marche migraineuse se caractérise par le mal de tête, c’est la phase de céphalée qui succède au prodrome.
Le traitement de crise est destiné à casser la montée de la céphalée en s’attaquant principalement à la douleur, mais aussi aux nausées.
Mécanismes de la douleur migraineuse
La douleur de la céphalée migraineuse est due à plusieurs mécanismes :
- la dilatation des vaisseaux qui tapissent le crâne ;
- l’inflammation ;
- la libération excessive d’une substance appelée CGRP,
messagère de la douleur ; - d’autres mécanismes encore mal identifiés.
⚠ Les informations fournies sur ce site ne remplacent en aucun cas celles des neurologues spécialisés. Elles visent à améliorer, et non à remplacer, la relation entre le patient et le professionnel de santé.
Comment utiliser les traitements de crise ?
Une fois la migraine installée, la digestion se ralentit, voire s’arrête presque.
Il est donc important de prendre le traitement dès les premiers signes de douleur,
faute de quoi il n’atteindra pas le sang en quantité efficace.
En revanche, il est inutile et même préjudiciable de prendre un traitement « au cas où ».
Le cerveau du migraineux étant très sensible aux habitudes, une prise régulière
peut en diminuer l’efficacité et favoriser l’apparition de céphalées chroniques.
Toutes les céphalées chroniques ne sont pas dues à un abus médicamenteux,
mais cette hypothèse est en général écartée en premier par le médecin.
Dans certains cas, la situation devient intolérable et un sevrage médicamenteux,
parfois en milieu hospitalier, peut être nécessaire.
Ce processus est éprouvant mais permet, dans environ un cas sur trois,
de rompre le cercle vicieux.
Lorsque les crises sont fréquentes (2 à 3 jours par mois) et longues ou intenses,
un traitement de fond peut être proposé afin d’éviter cette évolution.
Au-delà de trois jours de crises de migraine par mois,
demandez conseil à votre médecin et consultez un neurologue.
Nos conseils pour la prise des traitements de crise
- Repérez les signes annonciateurs :
bâillements, fatigue, troubles de concentration, envies de grignotage,
douleurs cervicales, etc. - Prenez votre traitement le plus tôt possible au début de la crise.
Les opiacés ne sont pas recommandés. - Notez rigoureusement chaque prise dans votre calendrier ou application
de suivi de la migraine. - Gardez toujours votre traitement de crise sur vous.
- Respectez les quantités maximales recommandées :
- pas plus de 10 triptans par mois ;
- pas plus de 15 AINS ou opiacés par mois.
En cas de dépassement pendant plus de trois mois consécutifs,
consultez votre médecin afin d’adapter les traitements.
💡 Pour aller plus loin, nous vous recommandons un article issu du
Sommet Mondial de la Migraine 2021 :
Les traitements qui font empirer la migraine.
Les traitements spécifiques de la migraine
LES TRIPTANS
💡 Les triptans agissent sur deux mécanismes de la crise : la dilatation des vaisseaux sanguins des méninges, source de douleur, par son action vasoconstrictrice, et sur la libération de substances pro inflammatoires, dont le CGRP. On en trouve 3 présentations : comprimé, auto-injection, spray nasal.
Il existe 7 types de triptans.
Ils présentent des effets secondaires et sont contre-indiqués en cas d’antécédents cardio-vasculaires. Certaines études montrent qu’ils augmenteraient le risque d’AVC pour les migraineux avec aura.
C’est au médecin d’évaluer le bénéfice-risque.
Almotriptan® 12,5 mg
Élétriptan® – Relpax® 20 et 40 mg
Frovatriptan® – Tigreat 2,5 mg
Naratriptan® – Naramig® 2,5 mg
Rizatriptan® – Maxalt® 5 et 10 mg
Zolmitriptan® – Zomig® – Zomigoro® 2,5 mg
Sumatriptan® – Imigrane® 50 mg
Sumatriptan® et Naproxène® – Nomanesit® 85mg/500mg
Injectable : Sumatriptan inj® 3 et 6 mg – Imigrane et Imiject 6 mg (non remboursé)
Pulvérisation nasale : Imigrane® 10 et 20 mg
🔎 La Voix des Migraineux a contribué, auprès de la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé, à la demande de remboursement du Sumatriptan® injectable. Un avis favorable a été émis le 5 octobre 2022 pour le remboursement, uniquement dans le traitement de la crise de migraine épisodique sévère avec une composante digestive majeure et installation rapidement progressive, lorsque les autres traitements oraux et nasaux de la crise de migraine ne peuvent être utilisés.
LES GÉPANTS
💡 Ils sont destinés à bloquer temporairement le récepteur de l’anti-CGRP, peptide contribuant au développement de la migraine. Un seul est actuellement disponible en France.
Rimegépant® – Vydura® 75 mg
C’est un traitement en comprimé sublingual en traitement de crise.
🔎 Il a obtenu une AMM européenne le 11/05/2022. Il peut être aussi bien utilisé en traitement de crise qu’en traitement de fond. En France, le laboratoire a décidé de le commercialiser en version traitement de crise. Il est disponible en pharmacie sur prescription d’un neurologue ou d’un généraliste.
Il n’est pas remboursé. Son prix varie de 25 à 80 € le comprimé.
🔎 Des recherches sont en cours dans quelques hôpitaux de France. Son avantage est de ne pas avoir de contre-indications en cas de risques cardio-vasculaires, il peut donc être prescrit aux patients qui ont cette contre-indication. Leur développement a été abandonné pendant un temps car il y avait un risque pour le foie. Des recherches récentes ont permis de développer des molécules bien tolérées.
Vous pouvez lire notre entretien Questions/Réponses sur le Vydura avec le Dr Gollion, ainsi que notre traduction d’un article de l’American Migraine Foundation expliquant le fonctionnement entre autres des gépants.
LES DITANS
💡 Ce sont les « parents » des triptans mais ils ne présentent pas les mêmes inconvénients ou effets secondaires. Ils ne sont pas encore disponibles en France.
🔎 Vous pouvez lire notre traduction d’un article de l’American Migraine Foundation expliquant le fonctionnement entre autres des ditans.
Les traitements non spécifiques
LES AINS
💡 Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, également appelés AINS, ont pour effet de diminuer l’inflammation des vaisseaux ménagés. Ils se présentent sous la forme de comprimés, et également d’injection aux urgences hospitalières.
⚠ Ne pas prendre deux AINS différents en même temps. La consommation excessive d’AINS peut avoir de graves répercussions sur les fonctions rénales. En cas d’infection, les AINS peuvent masquer des symptômes graves.
Ibuprofène®
Kétoprofène® – Profémigr®
Naproxène sodique®
Diclofénac®
Indométacine®
LES OPIACÉS ⚠
La Voix des Migraineux est régulièrement consultée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) sur le sujet des opiacés. Avec d’autres organisations, elle participe à la réflexion sur l’information et la sécurité de l’usage des traitements opiacés.
Les antalgiques opiacés sont contre-indiqués dans le traitement de la migraine. Ils peuvent engendrer une dépendance et un risque de surconsommation, pouvant conduire rapidement à la chronicisation de la migraine, ou à une céphalée chronique par abus médicamenteux (source : Inserm).
Rédigé par Sabine Debremaeker
Mise à jour : octobre 2025
Sources
- Pharmacomedicale.org – Anti‑migraineux : points essentiels
(2022) - SFEMC – Comment traiter la migraine ?
(2017) - SFEMC – Recommandations de prise en charge de la migraine
(2021) - Migraine.com – Migraine et gastroparésie
(2011) - VIDAL – Traitements de la migraine
(mars 2025) - HAS, EMA, World Migraine Summit
Crédit : Freepik
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