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Les traitements de la migraine

La « médecine basée sur les faits » ou EBM (Evidence-Based Medicine) repose sur 3 piliers :

– l’expertise du clinicien :
la compétence et le jugement que chaque médecin acquiert par l’expérience et la pratique.

– le patient :
la prise en compte des droits, des préférences et des épreuves vécues par le patient.

– les meilleures données cliniques :
la recherche fondamentale et/ou les études pertinentes, le diagnostic, l’efficacité et l’innocuité des schémas thérapeutiques.

À ce jour, aucun traitement ne guérit la migraine.

Les traitements médicamenteux

Il existe de nombreux traitements pour « casser les crises » ou en diminuer la fréquence. Les plus utilisés sont les médicaments pour la crise et les médicaments que l’on prend en traitement préventif dit « de fond ».

Pour des crises peu fréquentes, vous pouvez consulter votre médecin généraliste.
Si vous avez plus d’une ou deux crises par mois très invalidantes et non traitées efficacement par un traitement de crise, l’avis d’un neurologue spécialisé en migraine est souhaitable. Vous trouverez sur le site Mapatho une liste de professionnels ainsi que sur notre site la liste des Centres de prise en charge de la migraine.
Évitez autant que possible la prise de médicaments pour traiter la crise sans avis médical.

Pour les enfants et adolescents : consulter l’article sur les traitements, traduit par La Voix des Migraineux.

Pour en savoir plus sur les surdoses d’opioïdes, lisez cet article de l’OMS.

Pour en savoir plus sur Cannabidiol et migraine , consultez l’article rédigé par Sabine Debremaeker.
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Tout médicament peut présenter un risque. N’en prenez pas sans avis médical !
Cela peut avoir des conséquences sur vos migraines et sur votre santé.
Ne prenez pas non plus les traitements prescrits à l’un de vos proches.

Les approches non médicamenteuses

Les approches non médicamenteuses peuvent être d’une grande aide pour compléter les traitements de la migraine. Néanmoins, il est difficile de s’y retrouver parmi la pléthore de pratiques proposées et surtout de trouver les pratiques validées scientifiquement qui présentent un caractère de sécurité. Il convient d’avoir l’esprit critique afin d’éviter de perdre son argent et sa santé auprès de charlatans. Voici les principaux repères valables en mai 2026.

Médecine conventionnelle

La médecine « conventionnelle » s’appuie sur des traitements qui ont obtenu une validation scientifique, soit par des essais cliniques, soit parce qu’ils bénéficient d’un consensus professionnel fort. Les essais cliniques sont soumis à des autorisations et à des contrôles rigoureux sur le plan de l’éthique, des conditions de réalisation et de la pertinence scientifique. Les consensus professionnels, quant à eux, sont obtenus après plusieurs années de recul, avec l’accord et l’expérience de la majorité des professionnels de la discipline concernée. Les conditions d’utilisation des techniques y sont définies avec précision. En s’appuyant sur cette méthodologie rigoureuse, l’efficacité de la médecine « conventionnelle » est prouvée. 

https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/qualite-securite-et-pertinence-des-soins/securite-des-prises-en-charge/article/les-pratiques-non-conventionnelles-en-sante

Les interventions non médicamenteuses

Le terme « interventions non médicamenteuses » est reconnu depuis 2003 par l’Organisation Mondiale de la Santé.  Elle a d’ailleurs émis plusieurs recommandations de prise en soin dans le cadre de diverses pathologies.

Les INM sont des interventions non invasives et fondées sur des données scientifiques, destinées à la santé humaine. Elles visent à prévenir, traiter ou guérir des problèmes de santé. Les INM peuvent consister en des produits, des méthodes, des programmes ou des services dont le contenu est connu des utilisateurs. Elles sont liées à des processus biologiques et/ou psychologiques identifiés dans des études cliniques. Les INM ont un impact mesurable sur la santé, la qualité de vie et les indicateurs comportementaux et socio-économiques. Leur mise en œuvre requiert des compétences relationnelles, communicationnelles et éthiques. » 

Ninot G., Agier S., Bacon S., Berr C., Boulze I., Bourrel G., Carbonnel F., Clément V., David M., Gerazime A., et al. La Plateforme CEPS : Une structure universitaire de réflexion sur l’évaluation des interventions non médicamenteuses (INM) Hegel. 2017 ; 7 : 53-56. 

Le Non Pharmacological Intervention Society est la société savante qui se dédie à une meilleure reconnaissance des interventions non médicamenteuses. Elle a construit un cadre scientifique strict. 

Définition : Protocole de prévention santé ou de soin efficace, personnalisé, non invasif, référencé et encadré par un professionnel qualifié.


NPISociety — Définition des interventions non médicamenteuses (INM)

Elles se répartissent en trois catégories :

  • Corporelles
  • Psychosociales
  • Nutritionnelles

Elles visent à prévenir, guérir, soigner et accompagner. 

Prudence :

  •  l’enseignement de ces approches n’est généralement pas encadré et les diplômes sont de qualité inégale. Prenez le temps de vérifier que le praticien est inscrit dans une fédération.
  • Les données scientifiques peuvent être solides dans une indication. Cela ne signifie pas qu’elles le soient dans toutes. Il est indispensable de prendre l’avis du médecin.

Les Pratiques Non Conventionnelles en Santé (PNCS)

Ces pratiques ont probablement un effet sur certains symptômes, néanmoins, elles sont encore insuffisamment étudiées. 

Dans la très grande majorité des cas, les pratiques non conventionnelles en santé n’ont pas fait l’objet d’études scientifiques ou cliniques montrant leurs modalités  d’action, leurs effets, leur efficacité, ainsi que leur non-dangerosité. 

En l’absence de preuves scientifiques, ces pratiques ne peuvent être qualifiées de médecine. 

Il faut aussi rappeler qu’avant de mettre en place une thérapeutique, il est indispensable d’avoir un diagnostic. Or, seul un médecin peut le poser.Elles se présentent parfois comme médecine naturelle, douce, complémentaire. Ce qui pourrait laisser penser qu’elles n’ont aucune innocuité. Or, par exemple, de nombreuses plantes sont toxiques ou présentent des contre-indications et des effets indésirables. 

Absence de preuves ne veut pas dire preuves d’inefficacité. Néanmoins, il convient d’être prudent.

  • Assurez-vous d’avoir un diagnostic posé par un médecin qualifié.
  • Vérifier s’il existe des sociétés savantes et/ou des associations sur la pratique ou des fédérations. 
  • Demandez conseil aux associations de patients
  • Vérifier les diplômes.
  • Parlez-en avec votre médecin. Lui seul pourra vous dire, si la pratique peut venir en complément de vos traitements sans nuire à leur efficacité et sans vous nuire. 
  • Demander des devis et des factures. Vous devez garder une trace des dépenses.
  • Le praticien ne doit pas vous inciter à arrêter vos traitements ou à refuser un examen Vous pourriez perdre des chances. 
  • Donnez-vous un délai précis pour évaluer l’efficacité ? Ne tombez pas dans le piège : “ Vous êtes un cas exceptionnel, il faut plus de temps, plus de produits …” facturés bien sûr. Si cela ne fonctionne pas pour vous, ayez confiance en vous et osez dire non.
  • Méfiez-vous des personnes qui vous assurent être les seules à avoir trouvé le traitement miracle. 

L’enseignement de ces pratiques ne donne pas lieu à des diplômes nationaux. Cependant, certaines formations font l’objet de Diplômes Universitaires (DU) ou de Diplômes Interuniversitaires (DIU), placés sous la seule responsabilité d’une ou de plusieurs universités.

Ces diplômes ne signifient pas que l’efficacité et l’innocuité de la technique sont prouvées. Ce sont des diplômes complémentaires qui, à eux seuls, ne donnent pas le droit à l’exercice d’une profession de santé. Certaines formations sont, par ailleurs, délivrées au sein d’organismes privés, sans aucun contrôle des institutions publiques quant à leur contenu, et sans reconnaissance par l’État de ces diplômes.
(Ministère de la Santé — Les pratiques non conventionnelles en santé)

D’après la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), 70 % des signalements de dérives dans le domaine de la santé en France concernent des pratiques de soins non conventionnelles.


Si vous pensez avoir été victime d’une exigence financière exorbitante,
d’une déstabilisation mentale, ou si un discours dénigrant la médecine
« conventionnelle » vous a été tenu, il est possible que vous ayez été
victime d’une dérive sectaire.

Vous pouvez le signaler à la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES)

La médecine intégrative

Cette approche centrée sur l’individu réunit la médecine conventionnelle et les pratiques complémentaires, comme l’acupuncture ou l’hypnose. 

Ce terme ne fait pas consensus. Les définitions selon les sources sont très variées. Nous avons retenu les éléments les plus fiables qui mettent l’accent à la fois sur la complémentarité des interventions non médicamenteuses avec la médecine conventionnelle tout en respectant les critères de fiabilité scientifique. 

Le terme de « médecine intégrative » est apparu dans les années 90 aux Etats-Unis. 

  1. Préventive – elle préconise une hygiène de vie saine et recommande des outils efficaces pour y parvenir
  2. Personnalisée – elle prend en compte le patient dans son individualité ; elle accorde beaucoup d’importance à la relation docteur/patient et y consacre le temps qu’il faut
  3. Holistique – elle considère que les santés physique, mentale, et spirituelle sont indissociables
  4. Ouverte – elle reconnaît l’utilité des approches complémentaires dans des cas précis et avec un encadrement rigoureux par un médecin
  5. Basée sur les preuves – elle est avant tout une médecine moderne, qui se base sur les dernières avancées scientifiques pour assurer les meilleurs résultats tout en garantissant un maximum de sécurité.

Dans les faits, à l’hôpital,  la médecine intégrative s’apparente à une prise en soin multidisciplinaire. 

Les critères 2025 de certification des établissements hospitaliers recommandent cette approche selon le point 1.1-05 de la dans le cadre de la prise en charge de la douleur chronique. 

“ Les professions de santé ont l’obligation d’adapter les traitements et d’utiliser les techniques les plus appropriées pour soulager rapidement et durablement la souffrance. ”

“ Les professionnels proposent des modes de prise en charge non médicamenteux de la douleur.” 

La médecine traditionnelle

L’OMS recense plus de 400 pratiques. 

Le 25 mars 2022, l’OMS a créé le Centre Mondial de Médecine Traditionnelle. Le terme « médecine traditionnelle » décrit la somme totale des connaissances, des compétences et des pratiques que des cultures autochtones et différentes ont utilisé au fil du temps pour préserver la santé et prévenir, diagnostiquer et traiter les maladies physiques et mentales. Quelque 40 % des produits pharmaceutiques autorisés et utilisés aujourd’hui sont issus de substances naturelles. Dans sa “Stratégie pour la médecine traditionnelle pour 2014-2023″, l’OMS conseille aux États d’augmenter la base des connaissances, d’encadrer les pratiques pour assurer la sécurité des patients et de les intégrer dans les systèmes de santé.

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