ANTI – CGRP

Que sont les nouveaux médicaments anti-CGRP ?

Par La Voix des Migraineux

Le CGRP est une substance présente à l’état naturel dans le corps humain.
Cette substance joue un rôle clé dans le mécanisme des migraines.
Les traitements anti-CGRP sont le fruit de 40 ans de recherches. Quatre chercheurs ont obtenu le BRAIN PRICE pour cette découverte majeure : Lars Edvinsson (Suède), Peter Goadsby (Royaume-Uni/États-Unis), Michael Moskowitz (États-Unis) et Jes Olesen (Danemark).
Les médicaments anti-CGRP, ou anticorps monoclonaux ciblant le CGRP, sont des traitements qui visent à empêcher le CGRP d’intervenir.
Trois traitements sont disponibles dans le monde mais non remboursés encore en France. Ils sont remboursés dans plus de 16 pays d’Europe.

Actuellement sont commercialisés en pharmacie, mais non remboursés :

La commercialisation en pharmacie d’AJOVY ET EMGALITY est le fruit d’une action conjointe de la Société Française d’Etude des Migraines et Céphalées (SFEMC) et de LA VOIX DES MIGRAINEUX.

QUESTION AU DOCTEUR LUCAS

Président de la SOCIÉTÉ FRANÇAISE D’ÉTUDES DES MIGRAINES ET CÉPHALÉES

LVDM : Bonjour Docteur, de nombreux abonnés nous posent des questions. Pourriez-vous nous aider à y répondre avec fiabilité ? De quel type de traitement s’agit-il ?

Dr LUCAS : Il s‘agit de traitements de fond.

LVDM : Comment se le procurer ?

Dr LUCAS : Sur ordonnance obligatoirement par un neurologue.

LVDM : Pourquoi faut-il impérativement la prescription d’un neurologue ?

Dr LUCAS : Ce sont les conditions requises par l’ANSM (agence nationale de santé et du médicament). En fait, pour que ces traitements nouveaux ne soient pas prescrits à tort et à travers.

LVDM : Quels sont les critères obligatoires pour obtenir une prescription ?

Dr LUCAS : Au moins 8 jours de migraine par mois et en échec (soit pour inefficacité ou effets secondaires) d’au moins 2 traitements de fond classiques.

LVDM : Ces traitements nécessitent-il un suivi particulier ?

Dr LUCAS : Non. Ils sont très bien tolérés. Le seul suivi nécessaire est celui habituel du neurologue.

LVDM : Comment ce traitement se prend-il ?

Dr LUCAS : En injection sous-cutanée une fois par mois.

LVDM : Quelqu’un nous forme-t-il pour réaliser l’injection ?

Dr LUCAS : Normalement, le neurologue doit expliquer comment on procède à l’injection, qui se fait en abdominal, à la face externe de la cuisse ou éventuellement dans le haut du bras. Il y a par ailleurs une notice d’utilisation. Il ne faut pas s’en faire tout un monde. C’est très simple notamment avec les stylos auto-injecteurs.

LVDM : Y a-t-il des effets secondaires juste après l’injection ?

Dr LUCAS : On peut ressentir une petite douleur à l’injection (inconstant) ou avoir une rougeur locale qui dure quelques jours ou un peu de démangeaison. Cela peut accentuer une constipation préexistante. Dans des cas rarissimes, on peut avoir une urticaire locale ou diffuse.

LVDM : Et plus tard ?

Dr LUCAS : Non. On rappelle que cela est contre-indiqué chez les femmes enceintes ou qui souhaitent l’être, et chez les patients aux antécédents vasculaires (infarctus, AVC, artérite).

LVDM : Combien de temps faut-il attendre pour voir un effet ?

Dr LUCAS : Usuellement cela est rapide (dès le 6e ou 7e jour dans les essais) avec beaucoup de patients répondeurs dès le 1er mois. Mais il faut le tester au moins sur 3 mois.

LVDM : Est-ce que ça fonctionne pour tout le monde ?

Dr LUCAS : Non, chez 70 à 80 % des patients.

LVDM : Que veut dire répondeur ?

Dr LUCAS : Diminution d’au moins 50% de la fréquence des crises (souvent plus en fait) et avec des crises en général moins sévères.

LVDM : Y a-t-il d’autres précautions particulières à prendre ?

Dr LUCAS : Si vous achetez plusieurs doses en même temps, il faut mettre les doses non utilisées au réfrigérateur entre 2 et 8° dans leur emballage.

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