Le site est actuellement en cours de refonte, veuillez nous excuser pour les éventuels désagréments.

La fatigue

Fatigue. LA fatigue. Ce symptôme dont personne ne sait que faire.

« Tu sais, la fatigue est le symptôme le plus compliqué pour un médecin. On ne sait pas quoi répondre ni proposer, et souvent on y associe une dépression alors que ça n’est pas toujours le cas ».

J’ai été heureuse et même soulagée de me sentir comprise, lorsque j’ai eu l’occasion de parler à une collègue médecin de la fatigue entourant de toutes parts mes migraines.

Je lui faisais part de mon intense fatigue (après 2 mois de migraine ininterrompue), dans toutes ses dimensions.

 

FATIGUE PRÉ-MIGRAINE

Lorsque l’on se sent las.se et que la nuque nous tire, qu’un point douloureux apparaît lentement mais sûrement quelque part sur notre front. La fatigue arrive avec le prodrome, mais pas chez tous les migraineux.

Certains connaissent un regain d’énergie.

L’aura génère également une importante fatigue.

FATIGUE PENDANT LA CRISE

Au travail ou à l’extérieur, malgré la prise de traitement de crise (AINS, triptan, etc.), on ressent une baisse d’énergie telle qu’on sait qu’on n’arrivera pas à rentrer chez soi. On se déplace lentement car tout effort nous coûte. On hésite à prendre les transports en commun ou la voiture pour rentrer.

Chez soi, cette fatigue se traduit par le fait de ne simplement pas parvenir à se lever pour aller chercher la poche de glace dont on a tant besoin, parce que la douleur nous épuise et nous vrille le crâne.

Ou lorsque l’on est contraint d’envoyer un message à un proche présent sous notre propre toit pour lui demander de nous apporter nos médicaments, un linge mouillé, de l’eau…

Ou lorsque l’on cherche désespérément le sommeil qui nous permettra de digérer le médicament et de laisser la tornade nous traverser. On peut d’ailleurs se sentir à la fois terriblement fatigué et sans énergie, et ne pas parvenir à s’endormir.

FATIGUE POST-CRISE

Lorsque l’on a beau sentir que la douleur au crâne s’estompe, on est lessivé, rincé, essoré au point de ne pas pouvoir réaliser l’action simple de s’asseoir au bord de son lit.

Lorsque l’on commence à lister dans sa tête tout ce qu’il faudrait/faudra rattraper : courses, ménage, rangement, travail, cuisine, etc.

Lorsqu’en sortie de crise on essaye de « faire comme-ci ». On donne le change en s’activant (trop bien sûr).

On ne parvient pourtant pas du tout à reprendre le cours normal de sa vie, car une fois la douleur disparue demeurent la fatigue et l’épuisement.

FATIGUE DU LENDEMAIN

La fatigue perdure longtemps après la crise. Le lendemain, on peut encore avoir du mal à se remettre de la traversée de la veille.

FATIGUE DUE A LA PRISE DE TRAITEMENTS

Les traitements de crise comme de fond fatiguent notre organisme.
De plus, il est courant que le traitement de crise parvienne à masquer la migraine mais que celle-ci agisse réellement de façon sourde, en arrière-plan, et génère donc une fatigue supplémentaire.

FATIGUE DE LA CHRONICITE DE LA MIGRAINE

Avec les années et la fréquence des migraines et des prises de traitements, on encaisse progressivement moins bien qu’avant ce qu’ils infligent à notre corps et à notre moral.

 

Lorsqu’on me demande si ça va mieux après une crise, je réponds toujours »la douleur est partie mais je suis épuisée ».

D’aucuns me regardent comme si, la douleur étant partie, on pouvait reprendre le cours de notre vie d’un simple claquement de doigt…

Alors OUI, il est admirable, pour nous les migraineux, de parvenir à accomplir nos vies personnelles, amicales, affectives, familiales et professionnelles avec un tel handicap.

Un article rédigé par Miren Béhaxétéguy, bénévole à la Voix des Migraineux

Mise à jour le 12 septembre 2022

Consultez d’autres articles

Consultez d’autres articles sur la migraine rédigés ou traduits par nos soins

pexels mart production 7605204 scaled