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La migraine et l’aura

La migraine est une maladie neurologique fréquente et invalidante qui touche environ 12 % de la population. Selon l’étude Global Burden of Disease réalisée par l’OMS et mise à jour en 2013, la migraine se classe au sixième rang des causes d’invalidité dans le monde, en termes d’années de vie perdues. Il s’agit d’une maladie génétique et neurologique, généralement divisée en deux formes principales : la migraine sans aura et la migraine avec aura. La migraine avec aura touche 25 à 30 % des patients migraineux. Seule une minorité de migraineux présente une phase d’aura lors de chaque crise de migraine, ce qui explique que de nombreux patients reçoivent un double diagnostic : migraine avec aura et migraine sans aura.

Les principaux types de migraine avec aura sont les suivants :

  • La migraine avec aura typique (avec ou sans céphalée)
  • La migraine avec aura du tronc cérébral
  • La migraine hémiplégique
  • La migraine rétinienne

Le terme « aura » désigne des crises récurrentes de symptômes neurologiques pouvant inclure des symptômes visuels, sensoriels, moteurs ou liés à la parole ou d’autres symptômes provenant du système nerveux central. Les symptômes neurologiques ne durent généralement que quelques minutes et sont normalement entièrement réversibles. Ces symptômes sont souvent unilatéraux, c’est-à-dire qu’ils n’apparaissent que d’un côté du corps ou du champ visuel. En général, la phase d’aura est suivie d’une céphalée, mais certaines crises se manifestent par une aura sans céphalée, anciennement appelée « migraine silencieuse » ou « acéphalgique », un phénomène plus fréquent avec l’âge.

Diagnostic de la migraine avec aura

Les personnes présentant une aura nouvelle ou jamais examinée doivent être soigneusement examinées par leur médecin afin d’en déterminer la cause sous-jacente, car l’aura peut imiter d’autres pathologies telles que l’accident ischémique transitoire (AIT), l’accident vasculaire cérébral (AVC) ou encore la crise d’épilepsie. Il est également crucial de se faire examiner afin de déterminer le sous-type d’aura dont vous souffrez, puisque chaque forme nécessite des recommandations thérapeutiques différentes.


Pour plus d’informations sur les critères diagnostiques de la migraine avec aura, veuillez consulter la version bêta du site de la 3ᵉ édition de la Classification Internationale des Céphalées (ICHD-3) : Consulter le document ICHD-3.

Les phases d’une crise migraineuse avec aura

Une crise migraineuse avec aura peut comprendre quatre phases successives :

  1. Phase prémonitoire ou prodrome
  2. Aura
  3. Céphalée
  4. Postdrome

La phase prémonitoire ou prodrome

La phase prémonitoire (aussi appelée prodrome) peut survenir plusieurs heures voire plusieurs jours avant la crise migraineuse. Elle peut être considérée comme le signal d’alerte qui avertit le migraineux qu’une crise approche. Pour les personnes qui présentent des symptômes prémonitoires, cela souligne l’intérêt de tenir un suivi régulier de leurs crises et d’être attentif aux signaux de leur corps.

Les symptômes potentiels de cette phase sont les suivants :

  • Fringales
  • Constipation ou diarrhée
  • Changements d’humeur (dépression, irritabilité…)
  • Raideur musculaire, en particulier au niveau des cervicales
  • Fatigue
  • Augmentation de la fréquence des urines
  • Bâillements
  • Photophobie
  • Phonophobie

La phase d’aura

Les symptômes et effets de l’aura varient considérablement d’une personne à l’autre. L’aura peut impressionner, surtout lorsqu’on la vit pour la première fois. Certaines distorsions visuelles peuvent paraître inhabituelles ou surprenantes. Il est intéressant de noter que l’aura migraineuse aurait été à l’origine de certaines œuvres artistiques et littéraires célèbres, l’exemple le plus connu étant « Alice au pays des merveilles » de Lewis Carroll.

Les auras typiques peuvent se manifester par un large éventail de symptômes, parmi lesquels :

  • Symptômes visuels : il peut s’agir, par exemple, d’étincelles ou de motifs lumineux en zigzag, généralement  d’un seul côté du champ visuel, qui peuvent se déplacer ou s’agrandir. Si l’on alterne les yeux, les modifications visuelles sont observables par les deux yeux, mais elles peuvent paraître plus marquées dans un œil que dans l’autre.
  • Symptômes sensoriels : engourdissements ou picotements qui peuvent remonter le long du bras et affecter un côté du visage.
  • Symptômes liés à la parole : difficultés pour articuler correctement des mots même si l’on sait ce que l’on souhaite dire, ou difficultés à comprendre ce que les gens disent.

Chaque symptôme est totalement réversible et dure généralement jusqu’à 60 minutes. Dans une aura typique, il ne doit pas y avoir de déficit moteur (faiblesse ou paralysie) ni de symptômes rétiniens (perte de vision ou modification de la vision dans un seul œil).

La phase de céphalée

La douleur associée à la migraine peut varier de modérée à sévère, et peut être si intense qu’elle est difficilement concevable pour ceux qui ne l’ont jamais ressentie. Les caractéristiques de la phase de céphalée sont les suivantes :

  • Douleur unilatérale (qui touche uniquement un côté). Cette douleur peut basculer vers l’autre côté ou devenir bilatérale.
  • Bien que la douleur migraineuse puisse survenir à tout moment de la journée, il n’est pas rare que le patient soit réveillé par la céphalée.
  • La céphalée dure généralement de 4 à 72 heures chez l’adulte, contre 2 heures chez l’enfant.
  • La douleur est intensifiée lors d’un effort physique.
  • Cette phase peut être accompagnée de :
    • Phonophobie : hypersensibilité au bruit.
    • Photophobie : hypersensibilité à la lumière.
    • Osmophobie : hypersensibilité aux odeurs.
    • Nausées et vomissements.

La phase de postdrome

La fin de la céphalée ne signifie pas nécessairement la fin de la crise migraineuse. Le postdrome (aussi appelé phase de récupération) succède directement à la céphalée. Pour la plupart des migraineux, le retour à l’état normal peut prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours. Beaucoup de patients se sentent « comme un zombie » ou « comme s’ils avaient la gueule de bois ». Ces sensations sont souvent attribuées aux traitements antimigraineux, mais peuvent très bien être des conséquences de la migraine elle-même. Les symptômes du postdrome sont les suivants :

  • Baisse de moral, notamment la dépression
  • Altération du sentiment de bien-être, « se sentir mal dans sa peau »
  • Fatigue
  • Diminution des capacités de concentration et de compréhension
  • Diminution des capacités intellectuelles

Le traitement de la migraine avec aura

Le traitement de la migraine avec aura doit comprendre :

  • La prise de traitements de crise dès le début de la crise de céphalée afin de tenter d’en interrompre l’évolution. Il est important de limiter le nombre de prises des traitements de crise afin d’éviter la surconsommation de médicaments et réduire le risque de céphalées dues à une surconsommation de médicaments. Les triptans constituent des traitements de crise spécifiques de la migraine. Ils sont contre-indiqués dans les migraines hémiplégiques, les migraines avec aura du tronc cérébral et les migraines rétiniennes.
  • La prise de traitement préventif destiné à réduire la fréquence et la sévérité des crises de céphalées. Envisager des traitements préventifs selon les préférences du patient, lorsque les migraines surviennent plus d’une fois par semaine, qu’elles interfèrent avec les activités quotidiennes, ou lorsque les traitements de crise sont inefficaces ou contre-indiqués.
  • Des approches préventives non médicamenteuses, notamment la rétroaction biologique (ou biofeedback) et la thérapie cognitive et comportementale (TCC).
  • La prise en charge des facteurs de risque tels que la dépression, l’anxiété, les ronflements, l’obésité, etc.

La migraine avec aura augmente légèrement le risque d’AVC. Les femmes atteintes de migraine avec aura doivent ainsi réfléchir soigneusement aux risques potentiels associés aux contraceptifs oraux contenant des œstrogènes ou au traitement hormonal de substitution.

Résumé

La migraine est une maladie neurologique fréquente et invalidante. Environ 25 à 30 % des patients migraineux présentent des migraines avec aura. L’aura typique se manifeste par des symptômes neurologiques entièrement réversibles, comprenant des troubles visuels, sensoriels ou liés à la parole, qui durent généralement entre 5 et 60 minutes. Les personnes présentant une aura nouvelle ou jamais examinée doivent être soigneusement examinées par leur médecin afin d’en déterminer la cause sous-jacente, car l’aura peut imiter d’autres pathologies telles que l’accident ischémique transitoire (AIT), l’accident vasculaire cérébral (AVC) ou encore la crise d’épilepsie.

Sources :

Article original en anglais :

https://americanmigrainefoundation.org/resource-library/migraine-and-aura/

Rédigé en anglais par l’American Migraine Foundation.
Traduit de l’anglais par Renaud Guerin, étudiant en 2ème année du master TSM (Traduction Spécialisée Multilingue) du département LEA de l’université de Lille, dans le cadre de la validation de sa matière « Traduction bénévole ». Relu par Morgane Rivera Vargas, bénévole à l’association La Voix des Migraineux.

Société internationale des céphalées : https://ichd-3.org/1-migraine/1-2-migraine-with-aura/

Contenu révisé pour exactitude par les experts en migraine de l’American Migraine Foundation (Fondation Américaine de la Migraine), incluant des spécialistes des céphalées et des consultants médicaux possédant une formation approfondie en médecine des céphalées.
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Crédit : Olha Ruskykh – Pexels

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