Inégalités raciales dans le traitement de la migraine

Inégalités raciales dans le traitement de la migraine.
Par Sheila L. THORNE


Résumé par Valentina de la Voix des Migraineux



Les personnes de couleur, les hispaniques et les populations indigènes sont régulièrement exclus de la recherche médicale. On ne les encourage pas à consulter, on leur refuse le diagnostic et ne leur propose pas de traitements appropriés.


Les « déterminants sociaux » comme l’insécurité alimentaire, le transport, le revenu, l’éducation, la sécurité et la santé, sont des facteurs qui freinent l’accès aux soins. Aux États-Unis, les facteurs historiques et systémiques ont déterminé la discrimination dans l’accès aux soins : les premiers navires d’esclaves sont arrivés en Virginie en 1619 et depuis, les lois ont contribué à imprégner le système sanitaire de discrimination et d’inégalité. Aux USA, les personnes de couleur tombent malades plus souvent, sont diagnostiquées plus tard et sont soignées moins rigoureusement. L’entrée tardive dans le système sanitaire voue à l’échec face à la maladie.


En même temps, lorsque l’accès aux soins est possible, il y a un déficit culturel qui empêche les professionnels de comprendre et imaginer la réalité de ces personnes. Très souvent, ils ne sont pas pris au sérieux par rapport à l’intensité de leur douleur.


Alors que la gestion de la douleur est un aspect crucial que les professionnels de la santé doivent respecter. Pour les personnes de couleur, c’est un vestige de l’esclavage puisque lorsqu’ils étaient mis en vente, ils devaient nier la douleur des coups de fouet et sourire pour bien se présenter aux acquéreurs.


Minimiser et supprimer son expérience douloureuse pousse les gens à croire qu’ils peuvent mieux tolérer cette douleur.


Malheureusement certains physiciens croient encore que les personnes de couleur supportent mieux la douleur.


Ainsi, il y a aussi une stigmatisation de la douleur, ne pas supporter sa douleur devient un défaut de caractère. C’est typique des peuples oppressés.


La migraine chez les personnes de couleur est le plus souvent sévère et a plus de chances de devenir chronique.


Le plus déconcertant, c’est qu’il y a très peu de données scientifiques.


Il n’y a pas encore de recherches pour comprendre pourquoi ces populations ont plus de migraines que les autres, indépendamment des facteurs sociaux. Un point encore plus critique est que depuis des décennies les personnes de couleur sont souvent sous-représentées au sein des tests cliniques.


Pour que ces communautés puissent en savoir plus à propos de la migraine, il faudrait transmettre l’information dans les lieux de congrégations par exemple, les salons de coiffure et de beauté etc, pour que les gens puissent savoir ce que c’est et s’il est nécessaire de consulter. Enfin, tout le personnel médical, le médecin, mais aussi les infirmier(e)s, les pharmaciens etc ont un rôle important à jouer puisque ce sont eux souvent les premiers à voir les patients. Ils doivent faire en sorte que les patients aient le suivi médical dont ils ont besoin.


Bien sûr, il faut noter que seulement 5 % des physiciens aux USA sont noirs et peut-être 5 ou 6 % hispaniques et latino. Il est donc crucial de faire en sorte de prendre les mesures nécessaires pour éliminer le racisme systémique, structurel et institutionnel. Et là-dedans, la famille, l’éducation et les communautés jouent un rôle important, surtout s’il y a des cas de migraines dans la famille.